Voilà le retour du Carême… et il est rare qu’un chrétien l’envisage avec joie ! Le Christ a été poussé au désert par l’Esprit Saint (Lc 4, 1). Le Carême est notre désert dans lequel l’Esprit Saint nous conduit. Non pas qu’il veuille que nous tombions sous le coup de la tentation, mais il veut nous fortifier en nous accompagnant dans cette épreuve. Nous traversons tous bien des épreuves ; en tirons-nous profit pour croitre dans la communion ? Pour que notre vie soit réellement orientée vers Dieu et vers nos frères, et donc dégagée petit à petit de toute vanité, mesquinerie, amertume ou colère (cf. Ep 4, 30-32) ? Vivre en communion, passer d’un amour affectif à un amour effectif (cf. Saint François de Sales), demande un véritable effort (le mot dont était allergique Gaston Lagaffe !) et beaucoup y consentent heureusement.
Il y a quelques années à Turin, j’ai été émerveillé par le travail admirable réalisé par une religieuse pour une de ses patientes. Nous visitions avec les jeunes de l’aumônerie l’hôpital du Cottolengo : la petite maison de la divine providence. À l’occasion de cette visite, nous avons rencontré une femme sourde, muette et aveugle. Il ne lui restait que le toucher pour entrer en relation. La religieuse avait patiemment appris à communiquer avec elle et nous offrit de dialoguer avec cette femme. Une rencontre magnifique… Imaginez les trésors de dévouement, de patience, développés par cette religieuse pour entrer en communion, franchir la distance qui la séparait de cette femme !
Il y a quelques semaines, dans un de nos villages, je rencontre une femme qui m’explique s’être mise à la méditation lors du premier confinement. Ne pouvant agir à l’extérieur, elle a commencé à s’occuper de sa vie intérieure. Là encore, je suis émerveillé ! Comment s’y est-elle prise ? Elle a fait sa recherche sur Internet ; où il y a tout et son contraire… Peut-être aurait-elle pu s’adresser à un chrétien, s’il lui avait été donné d’en admirer un en prière, pour lui demander : « apprenez-moi à prier » ; comme naguère les disciples le demandèrent à Jésus ? Voir une personne en prière, c’est recevoir un signe d’espérance.
Que ce Carême nous voit progresser dans la communion fraternelle et devenir des êtres de prières (cf. Lc 21, 36) ! J’espère que nos fraternités paroissiales seront pour cela un bon moyen (cf. les Nouvelles de nos paroisses de mars 2022).
Sursum Corda !
(Élevons nos cœurs)
27/02/2022