Lundi 4 mai 2015

Le temps de Pâques !

La fête est belle et nous prolongeons ce moment de joie : celle de Jésus, le ressuscité, tout en harmonie avec son Père ; celle de la communauté des frères et des sœurs, des fidèles, qui expriment leur reconnaissance de Jésus, leur foi en Lui, le « Vivant ».

Ils se souviennent du moment où il les avait appelés l’un après l’autre ; les premiers, les amis pêcheurs du lac et puis les autres, interpellés au cours des rencontres, sur les routes de Galilée. Ils se souviennent de la fraternité autour de lui, quand, à leur tour, ils avaient quitté leur chez eux, un père, une terre, une maison, un travail, pour se lier à lui et les uns aux autres, comme naturellement, malgré toutes les différences d’âge, d’origine, de projet, de métier.
Avec le temps ils ont appris la confiance, parce que Lui le premier leur a fait confiance : il a fait confiance à Judas jusqu’au bout, il a fait confiance à Pierre et il l’a gardé comme responsable de son équipe. Et maintenant, après le couronnement de sa mission, cette semaine sainte, Jésus le ressuscité se tourne vers eux, c’est à eux qu’Il se donne à reconnaître : « C’est bien moi ».
Après le drame de la passion et cette terrible épreuve pour chacun de la fidélité, dans leur désarroi ils se sont regroupés comme naturellement, dans la maison d’un ami. Ils goûtent la grâce de la fraternité qui rend solidaire, proche, dépendant les uns des autres ; et c’est pour eux, rassemblés, plein de peur, de doute, mais ensemble que Jésus se montre « vivant », et se fait reconnaître comme le « Seigneur » « Mon Seigneur et mon Dieu » (Thomas).
Alors le cœur de chacun se dilate ; ils se mettent à témoigner les uns aux autres de ce qu’ils ressentent en eux « notre cœur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait en chemin ».
Jésus va leur donner du temps, il reviendra plusieurs fois les rencontrer ; leur donnant rendez-vous en Galilée, le lieu du départ, des meilleurs moments passés ensemble, moments où la communauté s’est fortifiée, où la fraternité a été vécue.

Maintenant leur fraternité a pris une autre dimension, tous ont fait l’expérience de leur fragilité, mais ils se sont soutenus, protégés ; puis Jésus est revenu vivant, alors ils se sont pardonnés, en s’accueillant comme ils étaient ; la fraternité s’est renforcée, et alors elle devient mission, maintenant, « allez dans le monde entier, ne craignez rien, vous recevrez bientôt une force d’en haut, le paraclet, le protecteur, et je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Père Jean Mazenod